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Chapelle Saint-Benoît de Cavaillon dans le Vaucluse

Patrimoine classé Patrimoine religieux Chapelle romane et gothique

Chapelle Saint-Benoît de Cavaillon

    Place Castil Blaze
    84300 Cavaillon
Propriété de la commune
Chapelle Saint-Benoît de Cavaillon
Chapelle Saint-Benoît de Cavaillon
Chapelle Saint-Benoît de Cavaillon
Crédit photo : Paul Munhoven - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1327
Autorisation papale
1663
Début des travaux
1684
Conflit sur la façade
1719
Achèvement de la chapelle
1792
Départ des Bénédictines
13 décembre 1948
Inscription aux monuments historiques
vers 1967
Restauration moderne
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façade : inscription par arrêté du 13 décembre 1948

Personnages clés

Jean XXII - Pape Autorise l'installation des Bénédictines en 1327.
Esprit Grangier - Architecte Conçoit les plans initiaux en 1663.
Jean-Baptiste de Sade - Évêque de Cavaillon Impose la façade sur la Grand’Rue.
Anne de Milany de Cornillon - Abbesse bénédictine S’oppose initialement à l’orientation de la façade.
Jean-Baptiste Franque - Architecte avignonnais Intervient sur les bâtiments conventuels au XVIIIe.
Guy Demothe et Pierre Benoît - Maîtres maçons Exécutent les travaux selon les plans modifiés.

Origine et histoire

La chapelle Saint-Benoît, située à Cavaillon dans le Vaucluse, trouve son origine au XIVe siècle, lorsque des Bénédictines s’installent sur l’ancien site des Templiers. En 1327, le pape Jean XXII autorise leur installation et annexe l’hôpital de Velorgues au couvent. Les travaux de la chapelle actuelle débutent en 1663 sous la direction de l’architecte Esprit Grangier, à la demande de l’évêque Jean-Baptiste de Sade, qui exige son ouverture sur la Grand’Rue. La construction s’achève en 1719, avec une coupole initialement prévue en pierre mais finalement réalisée en plâtre.

Après le départ des Bénédictines en 1792, la chapelle connaît diverses affectations : entrepôt, caserne, puis chapelle de secours pour les sœurs de Notre-Dame au XIXe siècle. Elle est inscrite aux monuments historiques en 1948 pour sa façade remarquable, ornée de triglyphes, métopes et bucranes. La nef, composée de quatre travées, est surmontée d’une coupole décorée de fausses fenêtres et de motifs végétaux en gypserie. La porte en bois sculpté représente saint Benoît et des chérubins.

En 1684, un conflit oppose l’évêque Jean-Baptiste de Sade à l’abbesse Anne de Milany de Cornillon concernant l’orientation de la façade, finalement construite sur la Grand’Rue. Les maîtres maçons Guy Demothe et Pierre Benoît exécutent les plans modifiés par Grangier. Au XVIIIe siècle, l’architecte Jean-Baptiste Franque intervient sur les autres bâtiments conventuels. Désaffectée en 1938 en raison de son état, la chapelle est restaurée vers 1967 pour accueillir la bibliothèque municipale et des expositions.

La façade, d’une hauteur imposante, se caractérise par un premier niveau rythmé par des pilastres toscans et un entablement orné de bucranes et trophées guerriers. Le second niveau, couronné d’un fronton triangulaire, intègre un clocher-mur et un oculus. Les élévations latérales, plus sobres, présentent des contreforts et des baies rectangulaires. À l’intérieur, la coupole et les voûtes d’arêtes s’ornent de frises à motifs végétaux et de médaillons ovales, reflétant l’influence baroque provençale.

Propriété de la commune depuis sa désaffectation, la chapelle illustre l’évolution architecturale et religieuse de Cavaillon, marquée par les transformations successives de son usage. Son inscription en 1948 souligne la valeur patrimoniale de sa façade et de ses décors intérieurs, témoins de l’art sacré du XVIIe siècle en Provence.

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